Caractéristiques Techniques Des Caméras De Vidéo Surveillance

décembre 28, 2020 0 Par Romain

Évidemment, tous les policiers ne se comportent pas comme ceux de la BST d’Aulnay-sous-Bois ou comme les « Tigres » du 12e arrondissement de Paris. À l’instar des BAC, les BST se perçoivent comme le fer de lance de l’anti-criminalité, à la recherche active de la « belle affaire », c’est-à-dire des stupéfiants ou des armes, au gré des maraudes et des contrôles d’identité (Darley et Gauthier, 2015). Derrière l’emploi de ce type de brigades spécialisées se dessine une vision sécuritaire de la « proximité » policière à destination des territoires urbains paupérisés et de leurs habitants. Disposant d’une grande marge de manœuvre sur le terrain, les brigades spécialisées ont donc tout loisir de s’adonner à la chasse aux voyous, principalement par le biais de contrôles d’identité qui ne font pas l’objet d’enregistrement administratif. Ces trois rationalités du contrôle (pénalité, discipline et renseignement) sont particulièrement mises en œuvre au sein des brigades spécialisées dans l’anti-criminalité.

En pratique, les informations obtenues sur la voie publique prennent le statut de renseignement lorsqu’elles acquièrent une valeur d’usage pour les services de police judiciaire. Les interactions répétées avec certains jeunes sont destinées, aux dires des policiers, à améliorer la « connaissance de la circonscription » et à obtenir du « renseignement ». Depuis le début des années 1980, les protestations contre les violences policières dans les territoires urbains paupérisés ont le plus souvent pris la forme de « rébellions urbaines » (Hajjat, 2014), c’est-à-dire d’affrontements entre des jeunes hommes et des policiers. Les unités spécialisées, comme les BST, les Brigades anti-criminalité (BAC), les Unités de sécurisation (US) ou encore des Compagnie départementales d’intervention (CDI), sont perçues comme l’élite des commissariats et sont de ce fait très prisées par les jeunes policiers du bas de l’échelle hiérarchique (Gauthier, 2015). Dans ce contexte, « faire de l’anti-crime » constitue à la fois un idéal professionnel et une fausse promesse pour les jeunes recrues. Cependant, dans les territoires caractérisés par de fortes tensions entre la police et les habitants, les contrôles d’identité poursuivent d’autres objectifs que la détection d’infraction (Gauthier, 2015). Il peut tout d’abord s’agir de contrôles disciplinaires visant à déloger d’un endroit donné, à empêcher la réunion, ou bien à « calmer » des jeunes en instaurant un rapport de force physique.

Comment expliquer la centralité des contrôles d’identité ? Ces aménagements policiers avec la loi sont rendus possibles par le flou qui entoure la définition des contrôles d’identité dans le Code de procédure pénale et qui ouvre le champ au ciblage fondé sur la couleur de peau. C’est ce décalage entre la réalité du terrain et une vision idéalisée de la profession, encouragée par les politiques publiques, qui rend la pratique du contrôle d’identité et de la « chasse au voyou » si populaire parmi les policiers, au détriment d’autres définitions du travail policier (service au public, résolution de conflits ou encore médiation). Un policier d’une BST expliquait lors d’une patrouille que nombre de contrôles étaient réalisés en « free style », euphémisme pour désigner le relâchement des règles déontologiques. Le bilan est sans appel : dans l’Héraut, environ 95 % des 8 919 contrôles effectués n’ont eu « aucune suite » ; dans le Val d’Oise, c’est le cas d’environ 93 % des 10 683 contrôles effectués (DGPN, 2014). Ces chiffres soulignent la faible rentabilité pénale des contrôles d’identité.

On est là pour faire de l’anti-criminalité, de la lutte contre le deal de rue, les rodéos de scooters et de motos. Un enregistrement administratif des contrôles permettrait, entre autres choses, d’en évaluer l’impact en terme de lutte contre la délinquance. Si ces heurts ont toujours lieu (comme ce fut le cas à Beaumont-sur-Oise ou à Aulnay-sous-Bois), le répertoire d’action de la lutte contre les violences policières s’est considérablement élargi, notamment depuis la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-Bois en 2005. Un front militant a ainsi vu le jour autour des familles et des proches des victimes, qui se sont appropriés les répertoires d’action légitimes de la contestation : pétition, manifestations, recours au droit, aux médias et aux réseaux sociaux. Ces « militants de l’incertitude » se sont ainsi politisés au gré des violences policières (Jobard, 2002). Récemment, l’activisme de la famille Traoré, relayé par différents collectifs (Stop le contrôle au faciès et Urgence notre police assassine notamment), est parvenu à donner un certain écho médiatique à l’affaire du décès d’Adama Traoré entre les mains des gendarmes le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Cette configuration militante élargie a permis de porter la cause des victimes des violences policières hors des quartiers populaires, et à faire le lien avec des organisations politiques plus traditionnelles.

Or, à rebours de cette croyance policière, les données disponibles montrent que la détection d’une infraction lors des contrôles est peu fréquente. Enfin, les contrôles visent également à recueillir des informations sur les populations-cibles de l’action policière. Ces contrôles sont destinés à affirmer le pouvoir policier auprès d’individus n’ayant pas forcément commis d’infraction mais mettant à l’épreuve l’autorité des policiers. Le monde policier est un univers clivé où différentes conceptions du métier, du rapport à la loi et du rapport aux gouverné.e.s s’opposent (Monjardet, 1994 ; Coulangeon et al. Ces scénarios fonctionneront dans différentes régions et secteurs, de sorte qu’une étude de marché correcte et opportune est plus importante que jamais. Verisure : leader sur le marché local et membre de l’association belge des centres de télésurveillance (ACA), Verisure connaît son métier. • Fournir des recettes historiques et les prévisions des segments du marché et des sous-segments par rapport à quatre zones géographiques et leur Pays- Amérique du Nord, Europe, Asie et Reste du Monde.